Victime : être indemnisé par la CIVI
Quand l’auteur ne paie pas, ou n’est pas identifié, la commission d’indemnisation des victimes d’infractions permet d’être indemnisé par le fonds de garantie.
Publié le 4 novembre 2026 par la rédaction de Défense Directe. Information générale, pas un conseil sur un cas particulier.
Être reconnu victime par un tribunal ne veut pas dire être payé. L’auteur peut être introuvable, insolvable, ou ne pas être identifié du tout. Pour ces situations, la loi a prévu un mécanisme de solidarité nationale : la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI), présente dans chaque tribunal judiciaire, qui permet d’être indemnisé par le fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI). Les règles ci-dessous sont celles présentées par service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 14 août 2026) et prévues aux articles 706-3 et suivants du code de procédure pénale.
Qui peut saisir la CIVI ?
La victime directe d’une infraction, mais aussi ses proches lorsqu’ils subissent un préjudice personnel, par exemple un conjoint qui perd des revenus après le décès de la victime. Pour une infraction commise en France, il n’y a pas de condition de nationalité. Pour une infraction commise à l’étranger, il faut résider régulièrement en France ou être citoyen de l’Union européenne. Le FGTI n’intervient pas pour les accidents de la circulation, les accidents de chasse et les maladies liées à l’amiante, qui relèvent d’autres dispositifs.
Les conditions selon le préjudice
| Situation | Conditions | Indemnisation |
|---|---|---|
| Atteinte grave à la personne : décès, incapacité permanente, ITT d’au moins 1 mois, infraction sexuelle, proxénétisme, esclavage | Aucune condition de ressources | Réparation intégrale du préjudice |
| Dommage corporel léger (ITT de moins de 1 mois) | Ressources inférieures au plafond de l’aide juridictionnelle partielle (19 433 € pour une personne seule), troubles graves dans les conditions de vie, aucune autre indemnisation possible | Plafonnée à 4 857 € |
| Violences avec ITT de 8 à 29 jours sur un mineur, ou par un conjoint, partenaire de Pacs ou concubin, actuel ou ancien | Aucune autre indemnisation possible | Plafonnée à 5 000 € |
| Vol, escroquerie, extorsion, abus de confiance, dégradation (et, depuis le 22/11/2023, chantage, abus de faiblesse, atteinte à un système informatique) | Situation matérielle ou psychologique grave, ressources sous le plafond de l’AJ partielle, aucune autre indemnisation possible | Plafonnée à 4 857 € |
| Incendie volontaire d’un véhicule | Contrôle technique et assurance valides, ressources ne dépassant pas 29 149,50 € (personne seule) | Plafonnée à 4 857 € |
| Squat du domicile | Situation matérielle grave, aucune autre indemnisation possible, sans condition de ressources | 3 000 € au maximum |
Montants et plafonds : service-public.gouv.fr, fiche F2313, vérifiée le 14/08/2026. Les plafonds de ressources augmentent avec le nombre de personnes à charge.
Les délais pour agir
La demande doit être présentée :
- dans les 3 ans à compter de l’infraction, s’il n’y a pas encore eu de procès ;
- dans 1 an à compter de la décision pénale définitive, s’il y a eu un procès.
La CIVI peut accepter une demande hors délai pour un motif légitime, par exemple lorsque la victime n’a pas été en mesure de faire valoir ses droits ou que son préjudice s’est aggravé. Il n’est pas nécessaire d’attendre la fin du procès pénal pour saisir la commission.
La procédure, étape par étape
- Le dossierLa victime, son représentant légal ou son avocat remplit le formulaire de demande d’indemnisation à la CIVI et y joint les justificatifs (plainte, certificats médicaux, justificatifs de frais et de revenus, décision pénale s’il y en a une). Le dossier est remis au greffe de la CIVI en main propre ou par lettre recommandée avec accusé de réception. Une provision peut être demandée si le préjudice n’est pas encore évalué.
- La CIVI compétenteEn principe celle du domicile de la victime ou du lieu de la juridiction pénale saisie. Pour une personne résidant à l’étranger victime de faits commis à l’étranger, c’est la CIVI du tribunal judiciaire de Paris.
- L’offre du FGTIUne fois le dossier complet transmis, le fonds dispose de 2 mois pour faire une offre d’indemnisation. Il peut enquêter et procéder à des auditions.
- La réponse de la victimeElle a 2 mois pour accepter ou refuser. Attention : le silence vaut refus. Acceptée, l’offre devient un constat d’accord homologué par le président de la CIVI, et le paiement intervient dans le mois qui suit la notification de l’homologation.
- En cas de refusLa victime saisit la CIVI d’une requête. Une audience a lieu, puis la commission rend une décision exécutoire. Si elle accorde une indemnité, le FGTI paie dans le mois de la notification.
Contester la décision de la CIVI
La décision de la commission peut être contestée devant la cour d’appel dans le délai de 1 mois suivant sa notification. Ce recours doit obligatoirement être fait par un avocat. Un pourvoi en cassation est possible ensuite dans un délai de 2 mois, pour une question de droit. Le FGTI peut lui aussi faire appel dans les mêmes conditions.
Si la CIVI n’est pas ouverte : le Sarvi
Une victime qui ne remplit pas les conditions de la CIVI peut, selon service-public.gouv.fr, se tourner vers le service d’aide au recouvrement des victimes d’infractions (Sarvi), qui aide à recouvrer les dommages-intérêts accordés par la juridiction pénale. Les deux dispositifs sont gérés par le fonds de garantie, joignable au 01 43 98 77 00 (64, rue Defrance, 94682 Vincennes Cedex, coordonnées publiées sur service-public.gouv.fr).
Le rôle de l’avocat de la victime
L’avocat n’est pas obligatoire devant la CIVI, sauf pour faire appel de sa décision. Il est toutefois fréquent qu’une victime d’atteinte grave se fasse assister, notamment pour faire évaluer les postes de préjudice par une expertise médicale et discuter l’offre du fonds. Les victimes des crimes les plus graves contre les personnes bénéficient de l’aide juridictionnelle sans condition de ressources. Pour le parcours complet, voir victime et partie civile, vous êtes victime et porter plainte. Le 116 006, numéro d’aide aux victimes, oriente gratuitement vers une association, tous les jours de 9 h à 20 h.
Questions fréquentes
Faut-il attendre le procès pour saisir la CIVI ?
Non. La demande peut être faite dans les 3 ans de l’infraction même sans procès, ou dans l’année qui suit la décision pénale définitive.
L’avocat est-il obligatoire devant la CIVI ?
Non pour la demande. Il est en revanche obligatoire pour contester la décision de la CIVI devant la cour d’appel.
Que se passe-t-il si je ne réponds pas à l’offre du fonds ?
Le silence gardé pendant 2 mois vaut refus de l’offre. La procédure se poursuit alors devant la CIVI, avec une audience.
Peut-on être indemnisé si l’auteur n’a jamais été identifié ?
Oui. L’indemnisation par la CIVI ne dépend pas de l’identification ni de la solvabilité de l’auteur, dès lors que les conditions liées à l’infraction et au préjudice sont remplies.
Besoin d’un avocat en droit pénal ?
Indiquez l’étape de la procédure et votre ville, sans décrire les faits. L’avocat partenaire de votre ressort, quand il y en a un, vous contacte directement.
- service-public.gouv.fr, Victime d’infraction : indemnisation par le Fonds de garantie (vérifié le 14/08/2026)
- service-public.gouv.fr, Que peut faire la victime d’une infraction pénale ?
- Code de procédure pénale, art. 706-3 à 706-15 (indemnisation de certaines victimes) : Légifrance
Textes et fiches lus le 04/11/2026. Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un avocat sur votre situation.