Comparution immédiate : trouver un avocat en urgence
À la sortie de la garde à vue, un proche est présenté au procureur puis jugé dans la journée ou à une date proche. Voici les étapes prévues par le code de procédure pénale et la place de l’avocat.
Qu’est-ce que la comparution immédiate ?
La comparution immédiate est une procédure rapide de jugement devant le tribunal correctionnel. À la fin de la garde à vue, la personne est conduite devant le procureur de la République (on parle de « déferrement »), qui peut décider de la faire juger le jour même, ou dans un délai très court. Elle est prévue par les articles 393 à 397-7 du code de procédure pénale.
Elle ne concerne que les majeurs poursuivis pour un délit, lorsque les charges paraissent suffisantes et que l’affaire semble en état d’être jugée. L’article 395 la réserve aux délits punis d’au moins deux ans d’emprisonnement, ou d’au moins six mois en cas de délit flagrant.
Le déroulement, du dépôt au jugement
- Le déferrement devant le procureurÀ l’issue de la garde à vue, la personne est présentée au procureur, qui lui notifie la procédure choisie. Elle a droit à l’assistance d’un avocat, choisi ou commis d’office ; l’avocat peut consulter le dossier et communiquer librement avec elle (art. 393).
- L’attente au tribunalLa personne est en général retenue au dépôt du tribunal jusqu’à l’audience, qui se tient le jour même ou peu après. C’est souvent le seul temps disponible pour que l’avocat prépare la défense et réunisse des justificatifs (domicile, travail, situation familiale).
- Le choix d’être jugé tout de suite ou plus tardLe président du tribunal informe le prévenu qu’il ne peut être jugé le jour même qu’avec son accord, donné en présence de son avocat (art. 397). Sans cet accord, l’affaire est renvoyée à une audience ultérieure.
- Le jugement ou le renvoiEn cas de renvoi, le tribunal fixe la nouvelle date dans les délais prévus par l’article 397-1 et décide si la personne reste libre, est placée sous contrôle judiciaire ou en détention provisoire jusqu’à l’audience (art. 397-3).
Le délai pour préparer la défense
Le délai entre la décision de renvoi et la nouvelle audience est encadré par l’article 397-1 du code de procédure pénale : au moins 4 semaines et au plus 10 semaines, quelle que soit la peine encourue, selon la fiche officielle de service-public.gouv.fr sur la comparution immédiate (F32129). Le prévenu peut renoncer à ces délais minimaux. Ce choix entre jugement immédiat et renvoi est l’une des premières questions que pose l’avocat, car il conditionne la préparation du dossier et le risque de détention en attendant l’audience.
Avocat choisi ou avocat de permanence
Chaque barreau organise une permanence d’avocats pour les comparutions immédiates. Ces avocats interviennent comme avocats commis d’office : ils découvrent le dossier le jour même. Un avocat choisi peut aussi intervenir, à condition d’être prévenu à temps et d’être disponible. Dans les deux cas, l’avocat est payé soit par des honoraires convenus avec le client, soit par l’aide juridictionnelle si les conditions sont remplies. Plus d’informations : l’avocat commis d’office est-il gratuit ?
Ce que la comparution immédiate peut entraîner
Le tribunal juge l’affaire comme toute audience correctionnelle : il peut relaxer, prononcer une amende, un sursis, un travail d’intérêt général ou une peine d’emprisonnement, avec ou sans mandat de dépôt. La victime peut se constituer partie civile à l’audience ou lors du renvoi. Si le jugement est rendu, il peut faire l’objet d’un appel dans les délais légaux. Ces issues varient selon le dossier : seul l’avocat qui l’a lu peut en parler pour votre cas.
Si la personne est placée en détention en attendant le renvoi, voir la page détention provisoire.
Après le jugement : 10 jours pour faire appel
Le jugement rendu en comparution immédiate est un jugement du tribunal correctionnel. Le prévenu peut en faire appel dans un délai de 10 jours à compter du prononcé du jugement contradictoire ; le procureur général dispose, lui, de 20 jours (art. 498 du code de procédure pénale). Le délai est court : la question se pose avec l’avocat dès la sortie de l’audience.
- Où : la déclaration d’appel se fait au greffe du tribunal qui a rendu la décision, signée par le prévenu ou par son avocat ; une personne détenue peut la faire auprès du chef de l’établissement pénitentiaire (art. 502 et suivants).
- Effet : pendant le délai et l’instance d’appel, l’exécution du jugement est en principe suspendue, sauf exceptions prévues par l’article 506, notamment l’exécution provisoire et le mandat de dépôt.
- Si le prévenu reste détenu : la cour d’appel a 4 mois pour rendre sa décision (fiche service-public F32129).
Faire appel n’est pas sans risque ni sans enjeu : le procureur peut aussi faire appel, et la cour rejuge l’affaire. C’est une décision à prendre avec l’avocat qui a suivi le dossier, ou avec un autre avocat consulté rapidement.
Être contacté par un avocat
7 questions, environ 1 minute, sans raconter les faits.
Questions fréquentes
La comparution immédiate est-elle obligatoire si le procureur la choisit ?
La procédure est décidée par le procureur, mais le prévenu ne peut pas être jugé le jour même sans son accord, recueilli en présence de son avocat (art. 397). Il peut demander un renvoi pour préparer sa défense.
Peut-on assister à l’audience de son proche ?
Les audiences de comparution immédiate sont en principe publiques. Vous pouvez donc y assister, sauf décision particulière du tribunal. Renseignez-vous auprès de l’accueil du tribunal judiciaire.
Un mineur peut-il passer en comparution immédiate ?
Non. La comparution immédiate est réservée aux majeurs. Les mineurs relèvent du code de la justice pénale des mineurs, présenté sur la page mineur mis en cause.
L’avocat est-il obligatoire en comparution immédiate ?
Le prévenu a droit à l’assistance d’un avocat à chaque étape et son accord pour être jugé le jour même doit être recueilli en présence de son avocat. Dans la pratique, un avocat de permanence est désigné s’il n’en a pas choisi.
Peut-on faire appel d’un jugement de comparution immédiate ?
Oui. Le prévenu dispose de 10 jours à compter du prononcé du jugement contradictoire pour faire appel, par déclaration au greffe du tribunal (art. 498 et 502 du code de procédure pénale). Le procureur général dispose de 20 jours. Si le prévenu reste détenu, la cour d’appel a 4 mois pour statuer.
Pages utiles
Garde à vue · Proche en garde à vue · Détention provisoire · Contrôle judiciaire · Sursis probatoire
- Code de procédure pénale, art. 393 à 397-7 (comparution immédiate), notamment art. 395, 397, 397-1 et 397-3 : Légifrance.
- justice.fr, fiche Garde à vue (issue de la garde à vue et déferrement).
- Code de procédure pénale, art. 498 (délai d’appel de 10 jours, 20 jours pour le procureur général), 502 (déclaration au greffe) et 506 (effet suspensif) : Légifrance, art. 498, lu le 05/11/2026.
- service-public.gouv.fr, fiche Comparution immédiate (F32129) : accord du prévenu en présence d’un avocat, renvoi de 4 à 10 semaines, délai de 4 mois devant la cour d’appel (vérifiée le 22/07/2025 par la DILA).
Informations générales lues le 04/11/2026. Elles décrivent les règles prévues par les textes et ne remplacent pas l’avis d’un avocat sur votre situation. Les textes de procédure pénale sont souvent modifiés : vérifiez la version en vigueur sur Légifrance.