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Sursis simple, sursis probatoire : les différences

Deux mécanismes suspendent l’exécution d’une peine, avec des conditions et des risques très différents. Comparaison point par point.

Publié le 4 novembre 2026 par la rédaction de Défense Directe. Information générale, pas un conseil sur un cas particulier.

En brefLe sursis simple suspend la peine tant que la personne n’est pas de nouveau condamnée pendant 5 ans. Le sursis probatoire, réservé à l’emprisonnement, impose en plus des obligations suivies par le juge de l’application des peines, pendant 1 à 3 ans en général. Dans les deux cas, un manquement peut conduire à exécuter la peine.

À l’issue d’une audience, le tribunal peut prononcer une peine « avec sursis ». Le mot rassure souvent, à tort ou à raison : la peine n’est pas exécutée tout de suite, mais elle n’est pas effacée pour autant. Il existe deux formes principales de sursis, qui n’obéissent pas aux mêmes règles : le sursis simple et le sursis probatoire. Voici leurs différences, d’après la fiche Application du sursis de service-public.gouv.fr (vérifiée le 31 octobre 2025) et le code pénal.

Le tableau des différences

Sursis simpleSursis probatoire
Ce qu’il suspendUne peine d’emprisonnement de 5 ans au plus, une amende, des jours-amende, certaines peines restrictives de droits ou complémentairesUniquement une peine d’emprisonnement de 5 ans au plus (10 ans en récidive)
Condition pendant le délaiNe pas être condamné pour une nouvelle infractionRespecter des obligations fixées et ne pas commettre de nouvelle infraction
DuréeDélai d’épreuve de 5 ans (crimes et délits), 2 ans (contraventions de 5e classe)Délai de probation de 1 à 3 ans, 1 à 5 ans en récidive, 1 à 7 ans en double récidive
SuiviAucun suivi particulierJuge de l’application des peines et service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP)
Issue favorableLa peine est réputée non avenue : effacée du bulletin n° 2 du casier judiciaire, mais toujours inscrite au bulletin n° 1

Le sursis simple : ne pas récidiver pendant 5 ans

Le sursis simple dispense d’exécuter la peine prononcée, à une seule condition : ne pas être de nouveau condamné pendant le délai d’épreuve. Ce délai est de 5 ans pour un crime ou un délit, de 2 ans pour une contravention de 5e classe. Il court à compter du jour où la condamnation est devenue définitive. Le sursis peut porter sur toute la peine ou une partie seulement (sursis partiel, réservé à l’emprisonnement, à l’amende et aux jours-amende).

Qui peut en bénéficier ?

Le tribunal vérifie les antécédents. Pour un emprisonnement avec sursis simple, la personne ne doit pas avoir été condamnée, dans les 5 ans précédant les faits, à une peine de réclusion ou d’emprisonnement, ferme ou avec sursis, pour un crime ou un délit. Si la condamnation antérieure portait sur une autre peine, comme une amende, seule la peine d’emprisonnement envisagée pour la nouvelle infraction peut être assortie du sursis.

Que se passe-t-il en cas de nouvelle infraction ?

La révocation n’est pas automatique : c’est la juridiction qui juge la nouvelle infraction qui décide, par une décision expresse, de révoquer tout ou partie du sursis. Elle peut aussi ordonner une incarcération immédiate par décision motivée. Attention : même après la fin du délai d’épreuve, la condamnation peut être prise en compte pour apprécier une éventuelle récidive.

Le sursis ne dispense pas des autres conséquences du jugement : les autres peines prononcées sans sursis doivent être exécutées, et les dommages-intérêts dus à la victime doivent être payés.

Le sursis probatoire : des obligations à respecter

Le sursis probatoire ne concerne que l’emprisonnement. La personne ne va pas en prison (sauf en cas de sursis probatoire partiel), mais elle doit, pendant le délai de probation fixé par le tribunal, respecter un ensemble d’obligations. Ce délai est de 1 à 3 ans en général, de 1 à 5 ans en récidive et de 1 à 7 ans en double récidive (article 132-42 du code pénal). Il court à partir du jugement si l’exécution provisoire est ordonnée, sinon à partir du jour où la condamnation est définitive.

Les obligations générales

  • répondre aux convocations du juge de l’application des peines (JAP) ou du SPIP ;
  • recevoir les visites du SPIP et lui fournir les justificatifs demandés ;
  • prévenir le SPIP de tout changement d’adresse et de tout déplacement de plus de 15 jours ;
  • informer le JAP de tout déplacement à l’étranger ;
  • obtenir l’autorisation du JAP pour un déménagement ou un changement d’emploi qui gênerait le respect des obligations.

Les obligations particulières

Le tribunal peut y ajouter des mesures adaptées au dossier : travailler ou suivre une formation, suivre des soins contre l’alcool ou les stupéfiants, réparer les dommages causés à la victime, effectuer un travail d’intérêt général, ne pas entrer en contact avec certaines personnes, ne pas paraître dans certains lieux, ne pas conduire, ne pas exercer une activité au contact de mineurs. Le JAP peut ensuite modifier ou supprimer certaines mesures en cours de probation. Un sursis probatoire renforcé, avec un suivi plus soutenu, peut aussi être prononcé.

Et si les obligations ne sont pas respectées ?

  1. Prolongation ou révocation par le JAPEn cas de manquement aux obligations, ou de nouvelle condamnation pendant la probation, le juge de l’application des peines peut prolonger le délai ou révoquer le sursis.
  2. Révocation par le tribunalSi une nouvelle infraction commise pendant la probation est punie d’emprisonnement ferme, le tribunal qui la juge peut révoquer le sursis.
  3. Exécution de la peineUne révocation totale oblige à exécuter la peine initiale ; une révocation partielle, la seule partie concernée, les obligations continuant ensuite à courir.

Pour un mineur

Le sursis probatoire existe aussi pour les mineurs, sous le contrôle du juge des enfants et du service éducatif de milieu ouvert (STEMO). Un mineur de plus de 16 ans peut se voir imposer un travail d’intérêt général dans ce cadre, si l’infraction a été commise après ses 13 ans. Voir notre page mineur et justice pénale.

Pourquoi l’avocat compte ici : c’est à l’audience que se discutent la nature de la peine et ses modalités (sursis simple ou probatoire, obligations adaptées à l’emploi ou à la famille). Préparer cette discussion fait partie de la défense devant le tribunal correctionnel ou en CRPC. Pour les questions de casier, voir casier judiciaire et effacement.

Questions fréquentes

Une peine avec sursis est-elle inscrite au casier judiciaire ?

Oui, sur les bulletins n° 1 et n° 2. Si le délai se termine sans incident, la peine est réputée non avenue et disparaît du bulletin n° 2, mais reste au bulletin n° 1.

Le sursis est-il révoqué automatiquement en cas de nouvelle infraction ?

Non. Pour le sursis simple, la juridiction qui juge la nouvelle infraction doit décider expressément de le révoquer, en tout ou partie.

Combien de temps dure un sursis probatoire ?

Le délai de probation est fixé par le tribunal entre 1 et 3 ans, entre 1 et 5 ans en récidive et entre 1 et 7 ans en double récidive.

Qui contrôle le sursis probatoire ?

Le juge de l’application des peines et le service pénitentiaire d’insertion et de probation pour les majeurs ; le juge des enfants et le STEMO pour les mineurs.

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Sources officielles

Textes et fiches lus le 04/11/2026. Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un avocat sur votre situation.