Agression et violences : avocat pour victime ou prévenu
ITT, certificat médical, plainte, audience : les règles prévues par le code pénal, et le rôle de l’avocat pour la victime comme pour la personne poursuivie.
Violences volontaires : ce qui compte pour la loi
Le code pénal punit les violences volontaires, qu’elles soient physiques (coups, morsure, bousculade, privation de soins) ou psychologiques (humiliations, dénigrement, comportement hostile qui cause un choc ou une perturbation). Il faut une intention de blesser, sans qu’il y ait besoin de préméditation. Les violences physiques et psychologiques sont punies de la même manière : c’est la gravité du dommage, mesurée notamment par l’incapacité totale de travail (ITT), et les circonstances qui fixent la peine encourue.
L’ITT n’a rien à voir avec un arrêt de travail : c’est une évaluation médicale de la durée pendant laquelle la victime ne peut plus accomplir seule les gestes de la vie courante. Elle est fixée par un médecin, souvent dans une unité médico-judiciaire (UMJ) sur réquisition des enquêteurs.
Les peines encourues, victime majeure
| Dommage subi | Peine maximale encourue | Juridiction |
|---|---|---|
| Aucune lésion ni blessure | 750 € d’amende (contravention) | Tribunal de police |
| ITT inférieure ou égale à 8 jours | 1 500 € d’amende, 3 000 € en cas de récidive (contravention de 5e classe) | Tribunal de police |
| ITT de plus de 8 jours | 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende | Tribunal correctionnel |
| Mutilation ou infirmité permanente | 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende | Tribunal correctionnel |
| Décès sans intention de le donner | 15 ans de réclusion criminelle | Cour d’assises ou cour criminelle |
Ces peines augmentent avec les circonstances aggravantes : victime particulièrement vulnérable, ascendant, conjoint ou concubin, enfant de l’auteur, policier, enseignant, avocat ou magistrat, témoin ou partie civile, motif discriminatoire, arme utilisée ou montrée, préméditation ou guet-apens, auteur ivre ou sous l’emprise de drogues. Dans ces cas, la peine encourue va de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Sur un mineur de moins de 15 ans, une ITT de 8 jours ou moins suffit déjà à faire encourir 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, et 5 ans et 75 000 € si l’auteur est un parent ou une personne ayant autorité. Des peines complémentaires existent : interdiction de détenir une arme, interdiction d’exercer l’activité à l’occasion de laquelle les faits ont été commis, confiscation.
Ce tableau décrit des maximums prévus par les textes. Le tribunal fixe la peine dans cette limite selon les faits et la personnalité de l’auteur : il ne dit rien de ce qui sera prononcé dans une affaire donnée.
Vous avez été agressé
- Mettre fin au danger17 ou 112 ; SMS au 114 pour les personnes sourdes, malentendantes, ou si vous ne pouvez pas parler.
- Faire constater les blessures sans attendreMédecin, urgences ou UMJ. Le certificat mentionne les lésions et l’ITT : c’est la pièce centrale du dossier.
- Conserver les preuves, datéesPhotos des blessures et des objets abîmés, messages de l’auteur, enregistrements, nom des témoins, mains courantes ou plaintes antérieures. Les violences se prouvent par tout moyen.
- Porter plainteAu commissariat, à la gendarmerie, ou par courrier au procureur. Vous pourrez ensuite vous constituer partie civile pour demander réparation : voir victime et partie civile.
L’avocat n’est pas obligatoire pour la victime, ni pour porter plainte ni pendant le procès. Il devient précieux lorsque le préjudice est important (séquelles, arrêt de travail long, préjudice psychologique) : il fait chiffrer chaque poste et peut saisir la CIVI si l’auteur ne paie pas. Lorsque l’ITT atteint au moins 1 mois, l’indemnisation par la CIVI est possible quelles que soient vos ressources (voir l’article CIVI).
Vous êtes mis en cause
Une plainte pour violences débouche souvent sur une audition, libre ou en garde à vue, puis sur une décision du procureur : classement, alternative aux poursuites, convocation devant le tribunal, procédure rapide. À chacune de ces étapes, la loi prévoit des droits précis.
- Audition libre : vous pouvez être assisté d’un avocat et quitter les locaux à tout moment. Voir audition libre.
- Garde à vue : avocat dès le début, entretien confidentiel de 30 minutes, droit de se taire. Voir garde à vue.
- Plaider coupable : en CRPC, l’avocat est obligatoire.
- Audience correctionnelle : l’avocat n’est pas obligatoire, mais l’accès au dossier et la discussion de l’ITT, des circonstances et de la personnalité se préparent. Voir convocation au tribunal correctionnel.
Le rôle de l’avocat dans une affaire de violences
Côté victime
Plainte, constitution de partie civile, demande d’expertise médicale, évaluation des préjudices (souffrances, séquelles, perte de revenus), audience sur intérêts civils, CIVI.
Côté personne poursuivie
Assistance en audition et en garde à vue, lecture des certificats et des témoignages, préparation de l’audience, plaidoirie sur la qualification, la culpabilité et la peine.
Les violences au sein du couple ont leur propre page : violences conjugales. Pour un mineur mis en cause, voir justice pénale des mineurs. Sur le coût : honoraires d’un avocat pénal et aide juridictionnelle. Trouver un avocat dans votre ressort : Marseille, Toulouse, Lille, toutes les villes.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’ITT ?
L’incapacité totale de travail est une évaluation médicale de la durée pendant laquelle la victime ne peut plus accomplir seule les actes de la vie courante. Ce n’est pas un arrêt de travail. Elle détermine en grande partie la peine encourue.
Des violences sans blessure visible sont-elles punies ?
Oui. Des violences n’ayant entraîné aucune lésion sont une contravention punie de 750 € d’amende, et les violences psychologiques sont punies comme les violences physiques.
Quel délai pour porter plainte après une agression ?
Pour un délit, le délai de prescription est en principe de 6 ans ; pour une contravention, de 1 an. Mieux vaut ne pas attendre : les preuves médicales se recueillent dans les jours qui suivent.
Faut-il un avocat pour être jugé pour violences ?
Devant le tribunal correctionnel ou de police, l’avocat n’est en principe pas obligatoire pour un prévenu majeur. Il l’est pour une CRPC, pour un mineur et devant la cour d’assises ou la cour criminelle.
Une audition, une audience ou une plainte à préparer ?
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- service-public.gouv.fr, Violences physiques ou psychologiques (vérifié le 07/08/2026) : définition, preuves, tableau des peines, circonstances aggravantes
- service-public.gouv.fr, Contravention, délit, crime
- service-public.gouv.fr, L’avocat est-il obligatoire dans un procès pénal ?
- service-public.gouv.fr, Délais de prescription
- service-public.gouv.fr, Indemnisation par la CIVI
- Code pénal, art. 222-7 à 222-16-3, R624-1 et R625-1
Informations générales lues le 04/11/2026. Elles décrivent les textes et les démarches, pas votre situation : seul un avocat peut vous conseiller sur votre dossier.
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