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Vous êtes victime

Vous êtes victime : vos droits et l’aide d’un avocat

Agression, violences, escroquerie, menaces : la procédure pénale vous reconnaît des droits précis. Voici les étapes, le rôle de l’avocat et les aides disponibles.

En bref

La plainte peut être déposée dans n’importe quel commissariat ou gendarmerie, qui doit la recevoir. Se constituer partie civile permet d’accéder au procès et de demander réparation. L’aide juridictionnelle est accordée sans condition de ressources aux victimes de certains crimes graves.

En danger maintenant ? Appelez le 17 ou le 112 (114 par SMS si vous ne pouvez pas parler). Violences conjugales : 3919, gratuit et anonyme. Aide aux victimes : 116 006, gratuit.

Les étapes pour une victime

  1. Mettre les preuves à l’abriCertificat médical (il mentionne une éventuelle incapacité totale de travail), photos, messages, factures, coordonnées des témoins. Conservez les originaux.
  2. Porter plainteAu commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République. Les services de police et de gendarmerie sont tenus de recevoir les plaintes, y compris lorsqu’elles concernent un service ou une ville différents (code de procédure pénale, art. 15-3).
  3. Suivre la décision du procureurIl peut poursuivre, proposer une alternative ou classer sans suite. Le classement est notifié à la victime, qui peut le contester.
  4. Se constituer partie civileC’est ce qui fait de vous une partie au procès : accès au dossier par votre avocat, demandes d’actes à l’instruction, demande de dommages et intérêts.
  5. Obtenir l’indemnisationPar le tribunal, puis, si l’auteur ne paie pas ou pour certaines infractions, par la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) ou le service d’aide au recouvrement.

Le détail des plaintes est expliqué dans l’article porter plainte en ligne, au commissariat ou au procureur, et l’indemnisation dans être indemnisé par la CIVI.

Si la plainte est classée sans suite

Le classement n’est pas toujours la fin. La victime peut former un recours auprès du procureur général. Pour un crime ou un délit, elle peut aussi déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction ; en matière délictuelle, cette plainte suppose en principe d’avoir d’abord porté plainte simple et d’avoir attendu trois mois ou reçu un avis de classement (code de procédure pénale, art. 85). Le juge peut demander une consignation, une somme versée en garantie, sauf si vous bénéficiez de l’aide juridictionnelle. Ces démarches sont techniques : c’est souvent le moment où l’avocat devient décisif.

Ce que fait l’avocat de la victime

Un avocat n’est pas obligatoire pour une victime : vous pouvez porter plainte et vous constituer partie civile seul. Il vous apporte en revanche :

  • la rédaction d’une plainte complète, adressée au bon interlocuteur ;
  • l’accès au dossier de la procédure et le suivi de l’enquête ou de l’instruction ;
  • le chiffrage du préjudice, poste par poste, avec les justificatifs, et le cas échéant la demande d’expertise médicale ;
  • la représentation à l’audience, pour que vous n’ayez pas à prendre la parole si vous ne le souhaitez pas ;
  • les démarches devant la CIVI après le jugement.

Le coût pour une victime

Les victimes de certains crimes graves (atteintes volontaires à la vie ou à l’intégrité de la personne les plus graves, viol notamment) bénéficient de l’aide juridictionnelle sans condition de ressources, en application de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique. Pour les autres infractions, l’aide juridictionnelle dépend des revenus : en 2026, l’aide totale est accordée à une personne seule jusqu’à 12 957 € de revenu fiscal de référence. Le détail figure sur la page aide juridictionnelle en matière pénale. Votre assurance protection juridique peut aussi couvrir les frais d’avocat. Et si l’auteur est condamné, le tribunal peut le condamner à vous rembourser une partie des frais engagés.

Être accompagné au-delà du droit

Les associations d’aide aux victimes du réseau France Victimes, joignables au 116 006, offrent gratuitement une écoute, une information sur les droits et un accompagnement psychologique et social. Elles travaillent avec les avocats et les tribunaux. Les points-justice et le 3039 renseignent aussi gratuitement. Ces relais ne remplacent pas un avocat pour la procédure, mais ils comptent beaucoup dans la durée.

Selon ce que vous avez subi

Pour trouver un avocat qui intervient pour les victimes dans votre ressort, utilisez le formulaire : indiquez « une victime » et l’étape « plainte à déposer ». Les adresses locales (tribunal, aide aux victimes) sont sur les pages villes, par exemple Bordeaux, Lille ou Nantes.

Être contacté par un avocat

7 questions, environ 1 minute, sans raconter les faits.

Vous êtes
Aide juridictionnelle

Ne décrivez pas les faits ici. Vous en parlerez directement avec l’avocat, tenu au secret professionnel.

  • Gratuit pour vous, sans engagement.
  • Qui vous rappelle : l’avocat partenaire de votre ressort, dont le nom et le barreau vous sont communiqués.
  • Délai : premier contact sous 24 heures, par téléphone ou par email. En garde à vue, n’attendez pas : demandez l’avocat commis d’office.

Si aucun avocat partenaire n’intervient encore dans votre ressort, votre demande n’est transmise à personne : vous recevez les coordonnées des permanences officielles. En garde à vue, la personne peut toujours demander un avocat commis d’office.

Questions fréquentes

Ai-je besoin d’un avocat pour porter plainte ?

Non, la plainte peut être déposée seul au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur. L’avocat est utile pour une plainte complexe, pour se constituer partie civile et pour chiffrer le préjudice.

Le commissariat peut-il refuser ma plainte ?

Non. Les services de police et de gendarmerie sont tenus de recevoir les plaintes des victimes, y compris si les faits relèvent d’un autre service (code de procédure pénale, art. 15-3).

Que faire si ma plainte est classée sans suite ?

Vous pouvez former un recours auprès du procureur général, ou, sous conditions, déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction (code de procédure pénale, art. 85).

L’aide juridictionnelle est-elle possible pour une victime ?

Oui. Elle est accordée sans condition de ressources aux victimes de certains crimes graves, et selon les ressources dans les autres cas.

Sources officielles

Informations générales lues le 04/11/2026. Elles ne remplacent pas l’avis d’un avocat sur votre situation. Défense Directe est un service de mise en relation, pas un cabinet d’avocats.