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Prescription pénale : délais pour les contraventions, délits, crimes

Combien de temps une infraction peut-elle être poursuivie ? Délais par catégorie, point de départ, cas des victimes mineures et événements qui relancent le compteur.

Publié le 4 novembre 2026 par la rédaction de Défense Directe. Information générale, pas un conseil sur un cas particulier.

En brefUne contravention se prescrit en 1 an, un délit en 6 ans, un crime en 20 ans, avec de nombreuses exceptions. Pour les victimes mineures d’infractions sexuelles ou de violences graves, le délai part de la majorité. Un acte d’enquête relance un délai complet.

Passé un certain délai, une infraction ne peut plus être poursuivie : c’est la prescription de l’action publique. Elle s’impose à la victime qui veut porter plainte comme au procureur de la République qui voudrait engager des poursuites. Les délais ont été profondément revus par la loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale, qui a doublé les délais de droit commun des délits et des crimes, puis complétés pour les victimes mineures. Voici les règles actuelles, telles que les présente service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 29 juillet 2025) d’après les articles 7 à 9-3 du code de procédure pénale.

Les délais de droit commun

CatégorieDélaiExemples
Contravention1 anTrouble anormal de voisinage, blessures sans ITT
Délit6 ansVol, violences, escroquerie, non-représentation d’enfant
Crime20 ansMeurtre, viol, vol à main armée
Certains crimes graves30 ansTerrorisme, trafic de stupéfiants en bande organisée, crimes de guerre
Crime contre l’humanitéImprescriptible

Pour savoir dans quelle catégorie tombe une infraction, voir la fiche contravention, délit ou crime de service-public.gouv.fr. Certaines infractions ont des délais propres, beaucoup plus courts : l’injure et la diffamation se prescrivent par 3 mois à compter de la publication ou du prononcé des propos, et par 1 an lorsqu’elles ont un caractère discriminatoire (origine, religion, sexe, orientation sexuelle, handicap).

Quand le délai commence-t-il à courir ?

En principe le jour où l’infraction est commise. Le premier jour n’est pas compté : le délai court à partir du lendemain. Exemple donné par service-public.fr : un vol commis le 6 mai 2020 se prescrit le 7 mai 2026 à minuit. Trois familles d’infractions ont un point de départ différent :

Infraction d’habitude

Constituée dès le deuxième acte, comme le harcèlement. Le délai part du dernier acte.

Infraction continue

Ses effets durent, comme le recel, l’abandon de famille ou la détention de stupéfiants. Le délai part du dernier jour où elle est commise.

Infraction occulte ou dissimulée

Impossible à découvrir au moment des faits, comme l’abus de confiance ou l’abus de biens sociaux. Le délai part du jour où elle est découverte et peut être constatée.

Pour les infractions occultes ou dissimulées, la loi fixe un délai butoir : les poursuites restent impossibles au-delà de 12 ans après les faits pour un délit et de 30 ans pour un crime, même si l’infraction a été découverte tard. Ce point concerne souvent l’abus de confiance et le droit pénal des affaires.

Les victimes mineures : des règles spécifiques

Pour les infractions sexuelles et les atteintes graves à l’intégrité physique commises sur un mineur, le délai ne commence qu’à la majorité de la victime. La victime peut porter plainte dès les faits, sans attendre ses 18 ans, puis pendant toute la durée du délai à compter de sa majorité. Les délais eux-mêmes sont allongés :

Infraction sur mineurDélaiJusqu’à quel âge (si le délai part de la majorité)
Agression sexuelle, atteinte sexuelle, corruption de mineur, traite10 ans28 ans pour une agression sexuelle
Agression sexuelle par violence, contrainte, menace ou surprise, atteinte sexuelle aggravée, violences aggravées avec ITT de plus de 8 jours20 ans
Viol, meurtre, tortures et actes de barbarie30 ans48 ans pour un viol

Pour le viol, l’agression sexuelle et l’atteinte sexuelle sur mineur existe en outre une « prescription glissante » : si l’auteur commet une infraction de même nature sur un autre mineur avant l’expiration du délai, le délai de la première infraction est prolongé. Voir aussi notre page parent d’un mineur.

Suspension et interruption

  1. L’interruption remet le compteur à zéroLes actes d’enquête de la police ou de la gendarmerie (procès-verbaux), les actes du procureur, du juge d’instruction et les décisions de justice interrompent la prescription : un nouveau délai, égal au délai initial, recommence à la date de l’acte.
  2. La suspension arrête le compteurElle le fige pendant un obstacle légal aux poursuites, par exemple pendant l’exécution d’une mesure alternative aux poursuites. Le délai reprend ensuite là où il s’était arrêté.
  3. Les obstacles de faitPlus rarement, un obstacle insurmontable qui rend les poursuites impossibles peut suspendre la prescription. Le juge l’apprécie au cas par cas.
Conséquence pratique : dans un dossier où une enquête a été ouverte, la date des faits ne suffit pas à dire si l’infraction est prescrite. Il faut connaître les actes accomplis depuis, ce qui suppose d’avoir accès à la procédure. C’est une vérification que seul un avocat peut faire sur un dossier précis.

Prescription de l’action, prescription de la peine

Ne confondez pas la prescription de l’action publique, qui empêche de poursuivre, avec la prescription de la peine, qui empêche d’exécuter une condamnation déjà prononcée. Ce sont deux régimes distincts, prévus par des textes différents (code de procédure pénale pour l’une, code pénal pour l’autre). Cet article ne traite que de la première.

Victime ou mis en cause : ce que ça change

Pour une victime, la prescription fixe la date limite pour porter plainte ou se constituer partie civile. Pour une personne poursuivie, la prescription est un moyen de défense que l’avocat soulève devant la juridiction. Dans les deux cas, la qualification retenue (contravention, délit ou crime, et parfois la circonstance aggravante) détermine le délai applicable.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour porter plainte pour un délit ?

En règle générale 6 ans à compter du lendemain des faits, sauf règles particulières (injure, diffamation, victimes mineures, infractions occultes).

Un viol commis sur un mineur est-il prescrit ?

Le délai est de 30 ans et ne commence qu’à la majorité de la victime : elle peut porter plainte jusqu’à ses 48 ans, sauf prolongation par la prescription glissante.

Une enquête de police relance-t-elle le délai ?

Oui. Les actes d’enquête, comme les procès-verbaux, interrompent la prescription : un nouveau délai complet recommence à leur date.

Qu’est-ce qu’un délai butoir ?

Pour une infraction occulte ou dissimulée, le délai part de sa découverte, mais les poursuites restent impossibles au-delà de 12 ans après les faits pour un délit et 30 ans pour un crime.

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Sources officielles

Textes et fiches lus le 04/11/2026. Ces informations générales ne remplacent pas l’avis d’un avocat sur votre situation.